Le Noël de Gizzy et Nalà

Cela fait déjà quelques heures que le soleil s’est couché, il fait maintenant nuit et tous les enfants dorment. Les jouets aussi peuvent enfin se reposer. Finies les dinettes entre les poupées, plus de batailles entre les petits soldats de plomb, ni de courses effrénées de petites voitures sur le parquet du salon…

Les poupées peuvent enfin fermer leurs petits yeux, les voitures rejoignent le garage sous le lit, tandis que les soldats rentrent aux casernes, dans leur coffret. Tout ce beau petit monde se plonge dans un paisible sommeil.

Cependant, cette nuit-là, deux jouets ne dorment pas, ils n’arrivent pas à trouver le sommeil. En fait, ils sont tristes. Eux, ce sont Gizzy et Nalà.

Gizzy est un petit ours brun en peluche, avec de beaux yeux tout ronds et un ruban rouge autour du cou qui lui sert de nœud papillon. Nalà, quant à elle, est une jolie petite poupée faite de tissus. Avec sa petite robe bien cousue et son joli sourire bien dessiné, Nalà est la plus magnifique des jouets de son genre.

Pourtant, cela fait déjà pas mal de temps que Gizzy et Nalà sont restés tout en haut d’une étagère, laissés dans l’oubli, dans la poussière. En effet, ils ne sont plus conviés au jeu quotidien, leurs temps est révolu et leurs propriétaires ont choisi de chouchouter d’autres nouveaux jouets à leurs places.

Gizzy et Nalà se retrouvent laissés pour compte. Autrefois, Gizzy était le plus heureux de toutes les peluches, le petit garçon qui habite la maison le chérissait tant et en avait fait le roi de ses jouets. Mais maintenant, les rares temps qu’il le touche, c’est tout juste pour se servir de Gizzy comme d’un ballon de foot. Pour Nalà, c’est pareil. Sa propriétaire, la petite fille, se sert d’elle comme d’un chiffon pour effacer le tableau dans la chambre commune, les rares fois où la petite fille se souvient de l’existence de la poupée.

Gizzy et Nalà ont le cœur gros, ils se blottissent l’un contre l’autre pour se réconforter. « Mais pourquoi donc ça nous arrive ? » se disent-ils. Ils ne comprennent pas le fait qu’ils puissent ne plus plaire et être abandonnés de la sorte sur l’étagère des oublis, et même se voir maltraités lorsque vient l’espoir de retrouver l’attention de leurs propriétaires. De jour en jour et de nuit en nuit, tandis que les poussières s’accumulent sur les fins duvets de Gizzy et de Nalà, cette profonde tristesse les anéantis.

C’est alors qu’une belle nuit de pleine lune arriva. L’ours en peluche et la poupée de tissus n’en pouvaient plus. Gizzy et Nalà descendirent de l’étagère, puis marchèrent tout doucement, sans faire le moindre bruit, vers la fenêtre en partie entrouverte. Puis, ils glissèrent délicatement vers l’extérieur. Ils ont décidé de quitter cette demeure où personne ne veut plus jouer avec eux.

Ils traversèrent le jardin enneigé et, arrivés au portail, ils se retournaient une dernière fois. Même si les bons souvenirs passés dans cette maison leur traversaient l’esprit à cet instant comme un film qui se défilait à toute vitesse, c’est l’image de l’étagère poussiéreuse qui leur marqua le plus, ainsi que les longs moments de solitude passés dessus. Ils laissèrent échapper un long soupir avant d’escalader le portail.

Il faisait terriblement froid, mais les deux jouets se réjouissaient tellement de leur liberté qui les réchauffait, qu’ils pénétrèrent également sans aucune peur dans les bois noirs bordant le village.

Les premiers jours étaient épouvantables, les deux amis de fortune faisaient face aux éléments qui semblaient se déchainer contre eux. Dans une tempête de neige effroyable, ils devaient traverser des forêts immenses. Les nuits, ils se réchauffaient devant un petit feu, seulement lorsqu’ils pouvaient trouver du bois assez sec pour bruler.

Et un soir, ils arrivèrent devant une vieille petite cabane juste au cœur de la forêt. Complètement épuisés et gelés par le froid, ils frappèrent à la porte en espérant trouver refuge, même juste pour la nuit. Un vieil homme leur ouvra la porte et en les voyant tout affaiblis, il les invita tout de suite à entrer.

L’homme avait des cheveux bouclés tout blancs, ainsi qu’une longue barbe. Un peu grassouillet, il portait un costume tout rouge et de grandes bottes. Cependant, il avait l’air très triste. Il invita les deux compères à se réchauffer avec lui devant sa cheminée. Gizzy et Nalà lui ont raconté leur périple. Le vieux s’en trouve encore plus attristé. À leur tour, les jouets lui demandent pourquoi il se repliait tout seul dans cette maisonnette au beau milieu de la forêt et pourquoi il avait l’air tellement désespéré.

« Voyez-vous mes petits, disait le vieil homme, je suis le Père Noël qui s’occupe des enfants pauvres. Mais voilà que je n’ai plus aucun jouet à leur offrir, moi-même je suis si pauvre, alors que Noël arrive d’ici peu. Ça me fend terriblement le cœur. » Et là, une larme parcourait son visage joufflu.

Gizzy n’en revenait pas. D’un côté il y a ces pauvres enfants qui ne vont pas avoir de cadeaux pour Noël, et de l’autre il y a ces jouets qui, tout comme lui, ne sont plus aimés comme il se doit par leurs propriétaires, car il le sait, leur cas n’est pas isolé. C’est alors qu’il lui vint une brillante idée qu’il proposa vite au Père Noël. Ce dernier éclatait de joie !

« Vite ! On n’a presque plus assez de temps, tout le monde au traineau », lança-t-il.

Les trois sautèrent dans le magnifique traineau du Père Noël qui fila dans la nuit comme une comète vers le village. Le traineau s’arrêtait à chaque maison. Gizzy et Nalà invitèrent alors tous les jouets délaissés ou oubliés à monter avec eux. Ils ratissèrent ainsi tout le village et au petit matin, le traineau débordait de jouets de toutes sortes que les rennes ont eu quelques peines à retourner à la cabane du Père Noël !

Une fois de retour, tout le monde s’attela au travail. Ciseaux, colles, peintures, marteaux… étaient sortis à l’atelier du Père Noël. En effet, il fallait donner un coup de neuf à tous ces jouets. Ces derniers s’entraidaient, les uns peignaient les autres, d’autres n’ont besoin que de quelque dépoussiérage, tandis que d’autres encore devaient être réparés. Au final, tous étaient ravis, plus beaux les uns que les autres.

Et lorsque Noël arriva, tous les enfants pauvres ont reçu de magnifiques jouets, mais aussi que ces derniers recevaient enfin tout l’attention et l’amour qu’ils méritaient. Et enfants et jouets étaient tous heureux en ce jour de Noël !

Gizzy et Nalà, quant à eux, sont restés avec le Père Noël. Ensemble, ils ont décidé de renouveler l’opération pour chaque année, afin que les jouets abandonnés puissent faire la joie des enfants pauvres, et vice versa.

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